Colloque CQEG avril 2021

Colloque « Le soft power en Asie : à l’ère de la COVID-19 et des nouvelles routes de la soie »

15 avril 2021

180 participants ont assisté au colloque du Conseil québécois d’études géopolitiques (CQEG), « Le soft power en Asie : à l’ère de la COVID-19 et des nouvelles routes de la soie », du 6 au 9 avril dernier.

Fort intéressant et riche en études de cas, mais aussi solide sur les plans méthodologique et épistémologique, les quatre jours de colloque ont permis d’apporter des précisions sur la définition même du soft power asiatique qui peut se décrire comme une forme de synthèse qui intègre les trois dimensions de ce dernier, à savoir : un pouvoir d’attraction, un pouvoir de séduction et un pouvoir symbolique. Bien entendu, l’objet du colloque n’était pas de trancher sur cette question, mais d’ouvrir la réflexion dans le contexte asiatique.  

En outre, l’ensemble des communications ont bien mis en relief les stratégies de mobilisation du Soft power mise en place par de nombreux pays d’Asie afin d’influencer le comportement d’autres acteurs d’Asie-Pacifique ou d’acteurs situés sur d’autres continents, notamment en Afrique.

 Ce qui ressort très nettement des réflexions menées durant le colloque, c’est que chaque pays d'Asie reconstruit à sa façon le soft power en partant de la définition et des critères de Joseph Nye, considérer comme le père fondateur de ce concept aujourd’hui abondamment utilisé dans le champ des relations internationales et de la géopolitique.

 D’une certaine façon, les pays d’Asie adaptent une sorte de « recette de cuisine » en insistant sur tel ou tel aspect de leur puissance douce, c’est-à-dire leur diplomatie (vision du monde ou des grandes questions internationales, contribution aux enjeux internationaux), leur modèle économico-politique (succès en termes de développement économique), leur culture (langue, cinéma, nourriture), leur gestion sanitaire (Covid-19) ou leur technologie (infrastructures énergétiques, communication, etc.). Il existe encore bien d’autres domaines mobilisables en Asie en termes de promotion de l’image d’un pays à travers le soft power.

De plus, ce que le colloque a permis de constater, également, c’est l’énorme engouement du soft power auprès des pays asiatiques (Chine, Japon, Corée, Inde, ASEAN, etc.). Quasiment tous les pays de la région essayent de capter le « réservoir de sympathies » qu’engendre la mise en place d’une stratégie de type soft power.

Bien entendu, il y a des gagnants et des perdants du soft power en Asie, même s’il s’agit d’un objet difficile à mesurer (choix des variables, études d’opinions). Tout cela reste très imparfait. C’est d’ailleurs l’un des champs qui devraient le plus évoluer dans les années à venir.